Eudes Séméria psychologue
Psychologue - Psychothérapeute à Paris 15

Une philosophie de la désobéissance pour tout changer (1)

Désobéissance

 

1 – Le Grand Confinement

 

Avec le développement de la pandémie de Covid-19 en 2020, la France comme beaucoup d’autres pays a imposé un confinement à sa population. C’est un événement historique d’une ampleur telle que nous sommes nombreux à appeler au changement de « système ». Le monde d’après devra être différent, disons-nous. Dès la «Libération», il faudra tirer les leçons, reconstruire, trouver une nouvelle manière de travailler, de consommer, de vivre. Nous cherchons déjà des idées, parlons de circuits courts pour ce qui concerne l’alimentation, de relocalisation pour ce qui concerne les industries, de télétravail, de téléconsultations, de rémunération plus justes, etc. Il est réjouissant de voir tant de gens chercher des solutions de toutes sortes afin de changer un système qui semble ne fonctionner correctement qu’en détruisant et en rendant le monde et les hommes malades.

Or, il se peut que la solution, nous l’ayons sous les yeux.
Je veux parler du confinement lui-même. Nous avons été contraint de vivre d’une manière différente pendant plusieurs semaines, et nous le serons encore pendant un moment. Nous avons appris à consommer moins et plus utile, à mieux communiquer, travailler, découvrir, à lire plus ; nous avons appris à vivre plus lentement, à être plus patients, et même à manquer de certaines choses ou à en fabriquer à la maison. Nous avons changé le monde en quelques jours à peine. Les cours du pétrole se sont effondrés, la pollution a baissé comme jamais, les petits producteurs locaux de produits bio ont vu leurs ventes exploser, une solidarité s’est crée entre des personnes qui ne se connaissaient pas et nous avons applaudi tous les soirs le dévouement et le travail de nos soignants. Nous avons appris à prendre soin de nous, de notre santé, de celle de nos proches.

Nous avons aussi pu observer la compétence réelle des gouvernements en place face à des événements majeurs et l’absence de transparence de nos démocraties comme des autres régimes. Nous avons pu voir comment même les États peuvent s’entre-déchirer pour des stocks de masques. Nous avons entendu beaucoup de mensonges et de messages contradictoires. Nous avons constaté le cynisme des grandes entreprises déterminées à verser des dividendes à leurs actionnaires tout en profitant des aides de l’État. Nous avons vu ces mêmes entreprises nous supplier littéralement pour que nous reprenions le travail. Nous avons vu, en fin de compte, à quel point ce monde était fragile, et en même temps à quel point nous étions globalement et individuellement plus forts que nous le pensions.

Ce Grand Confinement est donc une chance, un enseignement, un exemple pour nous tous. Le confinement n’est certes pas un mode de vie souhaitable à long terme. Il constitue cependant la démonstration qu’un autre mode de vie est possible, sans artifices ni faux désirs, sans obéissance aveugle aux injonctions sociales de consommation, d’accumulation continuelle, de production, de vitesse, de « modernité », de recherche de biens inutiles, jetables, vite jetés, vite remplacés.

C’est pourquoi en attendant le déconfinement, nous avons peut-être tout intérêt à réfléchir à cette expérience de vie inédite que nous traversons : elle contient sans le moindre doute le germe d’une philosophie pour un monde radicalement différent et bien plus humain que celui dans lequel nous sommes nés. Il ne nous reste plus qu’à tirer les leçons et apprendre à désobéir. Utopique ?


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